fnFN - PREMIER PARTI DE FRANCE ?

 

Dans une actualité encore dominée par les évènements tragiques de ce début d’année, le nouveau sondage sur les intentions de vote en cas d’élection présidentielle de l’institut CSA pour RTL(1) ainsi qu’une enquête de l’institut Odoxa (2) réalisée pour CQFD et iTELE n’ont pas eu l’écho qu’on aurait pu imaginer. Soit parce que les français trouvent déplacé un tel sondage à quelques jours des évènements qui ont touché le pays, soit parce qu’ils ont anticipé les résultats, ou parce qu’il existe une résignation par rapport à un avènement considéré à tort comme inéluctable.

Voici en résumé la synthèse de ces sondages.
56% des français considèrent le Front National comme un parti comme les autres.
(Ce pourcentage est de 78% chez les sympathisants de droite).

28% des français considèrent que le Front National est en capacité de gouverner le pays.
(Ce pourcentage est de 48% chez les sympathisants de droite).

Aujourd’hui, en cas d’élection présidentielle, et en ne conservant que les hypothèses retenant la présence d’Alain Juppé comme candidat de la droite, les résultats seraient les suivants :

1er tour (cas N°1)
LE PEN                  32%
JUPPE                   22%
HOLLANDE            18%
BAYROU                 9%

1er tour (cas N°2)
LE PEN                  33%
VALLS                   21%
JUPPE                   19%
BAYROU                 8%

Ces résultats du premier tour invitent à quelques commentaires.
Dans les quatre les hypothèses étudiées, le candidat centriste est représenté par François Bayrou. Or le centre c’est aussi l’UDI et aucune des personnalités de ce parti n’est soumise à choix dans ce sondage alors que des candidats comme Nathalie Arthaud, Olivier Besancenot, Cécile Duflot, Nicolas Dupont-Aignan le sont et obtiennent des scores compris entre 0.5% et 3%. Devons-nous comprendre qu’un candidat UDI réaliserait un score inférieur à 0.5% ou bien que François Bayrou est un terme générique signifiant Centriste ?.
Cette présentation est d’autant plus surprenante qu’il est souvent évoqué qu’en cas de candidature Juppé, François Bayrou pourrait ne pas se présenter et soutenir ce dernier. On aurait alors un résultat bien moins traumatisant, avec le candidat de la droite et du centre à quasi égalité avec Marine Le Pen qui, dans tous les cas étudiés, est présente au second tour.

Au second tour, de tous les candidats c’est Alain Juppé qui réalise le meilleur score face à Marine Le Pen : 62% Juppe/38% Le Pen

Toutefois dans l’hypothèse d’un second tour Hollande/Le Pen le résultat est très serré : Hollande 51%/Le Pen 49% avec une marge d’erreur de +/- 3.1%, ce qui laisse entrevoir pour la première fois la possibilité de voir Marine Le Pen accéder à la présidence de la république.

Ces sondages marquent une progression électorale du Front National et une perméabilité de ses idées dans une grande partie de la population.

Qu’en est il à Bordeaux ?
Que ce soit à Bordeaux ou même en Gironde, le Front national même s’il progresse, réalise des scores bien en deçà de la moyenne nationale.

Voici un récapitulatif des derniers résultats obtenus par ce parti et ses candidats dans la ville de Bordeaux

PRESIDENTIELLE 2012     8.22%
LEGISLATIVES 2012         8.16% (1ère circo) - 5.77% (2nd circo) - 8.11% (3ème circo)
MUNICIPALES 2014          6.06% (2 élus)
EUROPEENNES 2014       11.52%

Alors que ce Parti semble connaître en Gironde et à Bordeaux une forte progression de ses adhérents (source du Front National), dans un environnement politique favorable, il peine à réaliser un score à 2 chiffres. Il sera intéressant d’étudier ses résultats aux prochains scrutins, les départementales des 22 et 29 mars et les régionales prévues en décembre 2015 (date non fixée). Selon un autre sondage Odoxa pour la presse régionale, France Inter et L’Express, 28 % des Français comptent voter pour un candidat FN aux départementales et aux régionales (contre 25% pour l’UMP et 17% pour les socialistes et leurs alliés). Si le Front National ne réalise pas dans notre département une percée lors de ces scrutins, il sera intéressant d’étudier les résultats à travers deux prismes :

  • Sociologie de la population Bordelaise et Girondine.
  • Politique par le maillage commune/département/région qui développe des actions sociales, qu’elles soient concertées ou non, visant à amortir les effets de la crise. Toutes les études le démontrent, le Front National progresse dans les régions touchées par un chômage de masse ainsi que dans les territoires oubliés de la République 

 

A 30% d’intentions de vote, le Front National devient un acteur majeur de la politique française. Pour autant et plus que tout autre parti, le Front National est un colosse aux pieds d’argile.

La base militante dont les effectifs ont été multipliés par 10 en peu de temps forme  un groupe hétérogène aux motivations diverses et aux aspirations contradictoires.

Le corpus idéologique de ce parti est flou. Qui y a-il de commun entre la ligne « sociale et nationale » défendue par Florian Philippot et les vagues idées «néo-conservatrices et libérales» distillées à longueur d’interviews par Marion Maréchal-Le Pen ?

Comment un transfuge de l’UMP comme Sébastien Chenu, co-fondateur de Gay-Lib (mouvement LGBT associé jusqu’en 2013 à l’UMP et aujourd’hui associé à l’UDI) peut-il se sentir à sa place dans un parti dont certains membres dénoncent régulièrement et de manière obsessionnelle la présence en son sein de plusieurs lobbys (Gay, Sioniste ou Francs-maçons).

Le Front National est aujourd’hui un assemblage hétéroclite constitué de personnalités atypiques, parfois même iconoclastes, non miscibles entres-elles dont les deux seuls liens sont : Marine Le Pen et la certitude que le pouvoir est à portée de main.
Pour preuve le récent limogeage d’Aymeric Chauprade, conseiller aux affaires internationales de Marine le Pen qui lui reproche d’avoir pris des positions personnelles et tenu des propos controversés sans en avoir, au préalable, reçu l'aval de la présidente.

Enfin ce sondage met clairement en relief qu’il n’existe à ce jour qu’une alternative crédible au Front National: celle d’une force modérée et consensuelle incarnée par une personnalité en mesure de rassembler la droite modérée, le centre et la gauche libérale. Ce positionnement c’est idéologiquement celui du centre. Reste à savoir qui incarnera le mieux ce courant…

Gilles GARCON
Le blog Centriste

(1) http://media.rtl.fr/internal/binary/2015/0129/7776381771_les-intentions-de-vote-pour-la-presidentielle-2017.pdf?ts=1422546103966
(2) http://www.odoxa.fr/wp-content/uploads/2015/01/Odoxa-pour-It%C3%A9l%C3%A9-CQFD-Le-Front-National.pdf

Drapeau bruléTROIS SEMAINES APRES

Trois semaines ont passé depuis l’équipée tragique et sanglante des frères Kouachi et d’Amédy Coulibaly. L’unité nationale commence à se fissurer, chacun revient à ses vieilles habitudes. Le Gouvernement essaie de trouver des solutions pour empêcher la survenance de tels évènements.

Je ne parlerai pas ici de l’aspect international, pourtant essentiel :
développement mondial de l’islamisme, déstabilisation de plusieurs Etats arabes, ressentiment à l’égard de l’Occident sur fond de conflit israléo-paslestinien…
Mais les frères Kouachi et Coulibaly étaient français et nés en France, tout comme Mohamed Merah. Les profils de ces quatre terroristes assassins sont presque identiques : Parents d’origine africaine ou nord-africaine, enfance et adolescence dans les « quartiers », échec scolaire, délinquance précoce et violente (moins prononcée pour les frères Kouachi), adhésion à un islamisme radical et à un antisémitisme obsessionnel. C’est pourquoi deux axes de lutte sont indispensables : lutter en aval, lutter en amont.

Lutter en aval : il s’agit de toutes les mesures policières, de renseignement, et judicaires. Une loi renforçant la lutte anti-terroriste a été votée en novembre dernier. En réalité la France possède à ce jour un arsenal législatif à peu près complet. Il me semble, et c’est l’avis du Gouvernement, qu’un Patriot Act à la française serait assez inutile. Il convient surtout d’appliquer les lois en vigueur et de mettre les moyens nécessaires. Cependant un point est passé assez inaperçu ces dernières années : il s’agit du démantèlement des Renseignements Généraux (RG) par Nicolas Sarkozy suite à la fusion entre ceux-ci et la DST (Direction de la Surveillance du Territoire c’est-à-dire le contre-espionnage) pour créer la Direction Centrale du Renseignement Intérieur (DCRI) aujourd’hui Direction Générale de la Sécurité Intérieure (DGSI). En réalité nous avons assisté à une absorption pure et simple des RG  par la DST. Le premier directeur de la DGSI était d’ailleurs le directeur de la DST. Une quantité importante de travail de terrain, de collecte de renseignements, d’infiltration, effectuée auparavant par les RG, a été abandonnée. Le Gouvernement devra se pencher impérativement, si ce n‘est déjà fait, sur ce problème. Cela peut paraître très technique mais ô combien important !!

Lutter en amont, en d’autres termes empêcher que des jeunes se réfugient dans le fanatisme religieux, puis pour certains, terroriste. D’aucuns se précipiteront sur des solutions de type économique : les terroristes sont issus de quartiers défavorisés et laissés à l’abandon. Aidons ces quartiers et cela ira mieux. Ceci est indéniable mais s’en tenir à un tel discours est notoirement insuffisant car cela ne tient pas compte de la spécificité du problème : l’absence totale de vouloir vivre ensemble, mieux même l’absence totale du sentiment d’appartenance à une communauté nationale. Insister sur les valeurs de la République, l’importance de la laïcité, la tolérance, est essentiel. Mais je pense que cela ne suffit pas. D’ailleurs, contrairement à ce que l’on veut nous faire croire, les enseignants portent haut et fort ce message. Mais ils se heurtent à un public qui ne veut pas entendre parce qu’il ne se sent pas concerné et mué par un réflexe communautariste, il rejette l’autorité du corps enseignant.

La laïcité, les droits de l’homme sont des valeurs rationnelles à vocation universelle qui permettent le vivre ensemble, et que nous devons défendre coûte que coûte. Mais le sentiment d’appartenance à une communauté de destin fait également appel à un sentiment affectif que ne saurait suppléer l’incantation permanente de la « République » et des valeurs qu’elle porte. Tout au long de notre histoire, catholiques, protestants, révolutionnaires, émigrés, bonapartistes, républicains, gaullistes, communistes, démocrates-chrétiens, et bien d’autres encore, n’ont pas partagé les mêmes idées, se sont combattus, voire même entretués, mais tous se sentaient appartenir à une communauté nationale. Tel n’était pas le cas des frères Kouachi et de Coulibaly.

C’est pourquoi il me parait essentiel, comme certains le proposent, de ressusciter un service national, de quelques mois, pour garçons et filles, qui pourrait prendre une forme civile, et militaire pour ceux qui le souhaitent.

Les programmes d’histoire sont aussi à revoir dans un sens de recentrage sur l’histoire nationale et européenne, en expliquant l’apport des cultures extérieures. Il faut que les jeunes d’aujourd’hui, qu’ils s’appellent Durand, Dupont, Kouachi, Coulibaly deviennent des citoyens, mais des citoyens français et européens fiers de leur appartenance. Sinon ne subsisteront que des déracinés, et beaucoup des premiers se tourneront vers les voies sans issue de l’extrême droite et de ses clones, et de plus en plus des seconds regarderont vers un islamisme leur proposant un sens à leur vie.

Ludovic BOUSQUET
contact@ludovic-bousquet.fr

Je-suis-charlie-640HORREUR, BÊTISE, LÂCHETE

Que dire? L’attaque terroriste menée contre la rédaction de Charlie Hebdo ce mercredi 7 janvier 2015 est un acte lâche, barbare, effroyable et profondément choquant. Douze personnes innocentes ont été tuées, dont les dessinateurs Cabu, Wolinski, Charb et Tignous. Ce n’est pas seulement un journal que l’on a visé, ce ne sont pas seulement des journalistes et des dessinateurs, c’est la liberté de la presse elle-même qui est attaquée, donc la République. Ce drame survenu en plein Paris doit nous pousser à faire bloc pour défendre la République et ses valeurs, pour défendre la presse indépendante et la liberté d’expression, et pour condamner de toutes les manières possibles l’intolérance et la bêtise criminelle du terrorisme islamiste.

Malheureusement, certains essaient déjà de faire une récupération politique de ce drame, comme Nicolas Dupont-Aignan, totalement hors-sujet, qui propose d’abolir l’accord de Schengen (quel rapport?). Cet attentat risque aussi de profiter au Front National, d’aggraver l’islamophobie et d’encourager les amalgames entre islam et islamisme, entre quelques fous de Dieu totalement fanatisés par Internet et l’immense majorité des musulmans de France qui sont horrifiés par cet événement. Le recteur de la Grande Mosquée de Paris et l’imam de Drancy ont d’ores-et-déjà condamné de la façon la plus ferme l’attentat: j’espère que d’autres imams et d’autres personnalités du monde musulman continueront de le faire avec toute la ferveur nécessaire.

Plus que jamais, musulmans et non musulmans doivent exprimer leur indignation face à l’islamisme barbare. Plus que jamais, les Français doivent se serrer les coudes pour affronter cette crise terrible, car la guerre que notre pays a engagée contre le terrorisme islamiste sera une guerre longue et difficile, une guerre d’usure. Plus que jamais, soyons fiers d’être Français, fiers d’être républicains, fiers de vivre dans un Etat démocratique.
Publié le 7 janvier 2015 par le Blog ami “

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