tripartismeL’ARITHMÉTIQUE POLITIQUE

LE MAUVAIS CALCUL
A peine les premières estimations connues, le premier ministre Manuel Valls dans une déclaration précipitée s’est réjoui que le Front National ne puisse pas se prévaloir du titre  de premier « parti de France ».
En d’autres termes et quelques minutes après, Nicolas Sarkozy se réjouissait des résultats pour les mêmes raisons.
Mais qu’en est-il réellement ?
La coalition constituée de l’UMP alliée dans presque tous les cantons à L’UDI et dans de très nombreux cantons au MoDem, réalise d’après le ministère de l’intérieur 29.4% alors que le Front National réalise seul 25.9%.
Comme le faisait remarquer Hervé Morin, sur un plateau de télévision, à un débatteur de l’UMP, le poids des centristes pèse pour 1/3 dans le résultat de la coalition soit entre 9 à 10%. Dès lors le score de l’UMP seule se situerait autour de 20%.

Il apparaît donc que le Front National, même si son score n’est pas au niveau des sondages, est sans doute le premier parti de France. Et quand bien même il ne le serait pas pour quelques dixièmes de pourcentage, cette « obsession du podium » est puérile. Il faut être honnête et reconnaître que le parti de Marine Le Pen réalise dans ses zones d’influence historique des scores spectaculaires et commence à peser dans des régions où il était faible ou inexistant. C’est le cas de la Gironde. Dans mon article du mois de janvier sur ce même blog (http://ludovic-bousquet.fr/le-fn-premier-parti-de-france/), j’invitais les lecteurs à étudier précisément les résultats de ce parti dans notre département.
Voici une présentation très édifiante des résultats du Front National en Gironde

LE FN ARRIVE EN PREMIERE POSITION :
Nord Médoc - 37.86%- Duel second tour FN/Gauche
Nord Libournais - 33.33% - Triangulaire

Libournais-Fronsadais - 29.86% - Triangulaire

LE FN ARRIVE EN SECONDE POSITION
Nord Gironde - 32.54% - Duel second tour FN/Gauche
Estuaire - 31.61% - Triangulaire

Landes des Graves - 29.56% - Triangulaire
Lormont - 25.91% - Duel second tour Gauche/FN
La Test de Buch - 23.09% - Duel second tour Droite/FN
Cénon - 23.08% - Duel second tour Gauche/FN

LE FN ARRIVE EN TROISIÈME POSITION MAIS PEUT SE MAINTENIR :
Coteaux de Dordogne - 29.59% - Triangulaire
Sud Médoc - 27.29% - Triangulaire
Réolais et Bastides - 26.87% - Triangulaire
Gujan-Mestras - 26.61% - Triangulaire
Entre deux mers - 26.42% - Triangulaire

LE FN EST ELIMINE :
Presqu’île - 26.18%
Andernos les Bains - 24.66%
Porte du Médoc -23.40%
Créon - 23.34%
Brède - 20.09%
Sud Gironde -19.93%
Mérignac 2 -19.91%
Villenave d’Ornon -19.42%
Mérignac 1 -18.46%
Le Bouscat -17.19%
Bordeaux 4 -16.19%
Pessac 1 -16.11%
Pessac 2 -15.97%
St Médard en Jalles -15.83%
Bordeaux 3 - 15.41%
Bordeaux 5 - 13.07%
Talence - 12.83%
Bordeaux 2 - 12.50%
Bordeaux 1 - 8.82%

Le FN peut se maintenir dans plus de 40% des cantons. C’est dans les grandes villes de la CUB dont Bordeaux que les scores de ce parti sont les plus faibles. Il est intéressant d’analyser plus en détail l’évolution du vote « frontiste » à Bordeaux :

PRESIDENTIELLE
2007 - 5.42%
2012 - 8.22%

MUNICIPALES
2008 - 2.59%
2014 - 6.06% 

EUROPEENNES
2009 - 3.53%
2013 - 11.53%  

DEPARTEMENTALES
2010 - 4.50% en moyenne sur les cantons de Bordeaux
2015 - 10.60% en moyenne sur les cantons de Bordeaux  

REGIONALES
Alors qu’en 2010 il réalisait 6.48% il sera intéressant de voir à quel niveau se situera ce parti. Logiquement compte tenu de ce type d’élection par liste, son score devrait se situer à son niveau des européennes soit environ 11%.

Enfin comment expliquer l’écart important constaté entre les sondages (de 29% à 33% pour le FN) et le résultat du vote. La participation, plus importante que prévue, est un élément de réponse. La grande disparité du vote « frontiste » au niveau national est à mon sens l’élément principal qui rend très délicat le travail des instituts de sondage. Il est alors possible d’envisager que le niveau des 30% soit le seuil maximum que ce parti pourra espérer atteindre non plus comme il l’a connu dans le passé par des « sauts fiévreux » mais par l’homogénéisation de ses résultats dans l’hexagone. La progression devrait dès lors être faible, lente mais régulière pour se rapprocher du seuil dont je parlais plus haut.      

LE BON CALCUL
Notre pays entre dans l’ère du tripartisme. Il n’est pas dit que la cinquième république puisse survivre longtemps à cette nouvelle donne. La droite républicaine et « les Centres » sont condamnés à l’union comme le sont aussi la Gauche et ses alliés: les écologistes et « La Gauche de la Gauche » terme par lequel on évite de parler d’extrême gauche lorsqu’il est question d’alliance. Il se posera alors, dans un avenir proche, la question des alliances entre ces 3 blocs, représentant 1/3 des voix chacun, pour former une majorité.

En attendant par sa capacité à se maintenir dans de très nombreux cantons, le Front national fausse la donne du second tour de ces élections départementales. Quelques départements promis à la coalition UMP-UDI risquent de rester à gauche. Voilà l’enjeu de ce second tour dans les départements dont le nôtre.

Enfin félicitons Ludovic Bousquet candidat remplaçant dans le canton Bordeaux 3 dont le binôme Pierre Lothaire et Géraldine Amouroux sont les seuls Girondins élus dès le premier tour, avec une participation supérieure à la moyenne du département. Une participation qui tient au travail de terrain des militants UMP et UDI et une élection dès le premier tour qui peut s'expliquer par le choix des candidats et de leurs remplaçants.

Article publié le 24 mars 2015 par Gilles GARCON
le Blog Centriste

fredy

LES MILITANTS DE L'UDI GIRONDE INVESTIS DANS LA CAMPAGNE DES DÉPARTEMENTALES

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Plus qu’une semaine avant le premier tour des Départementales du 22 mars. La semaine passée a donc été riche en événements pour les candidats de Gironde Positive sur Bordeaux : phoning, porte-à-porte, réunions à domiciles, débats télés et aussi réunions publiques. Aucun ménagement pour  les candidats de la Droite et des Centres, complètement investis pour mobiliser les électeurs bordelais dans 8 jours.

Du coup, participation à deux réunions publiques : lundi dans le quartier Saint Genès (canton Bordeaux 1) pour écouter Emmanuelle Cuny et Fabien Robert et vendredi à Saint Augustin pour entendre Géraldine Amouroux et Pierre Lothaire.

Avis très favorable pour ces deux soirées : salles pleines, des candidats déterminés et une ambition commune : redonner aux cantons bordelais leur vraie place au sein du département, tout en amplifiant l’élan donné à Bordeaux par Alain Juppé depuis sa réélection. Bien entendu, le tout dans un climat d’alliance entre les trois partis que sont l’UDI, le Modem et l’UMP.

Les candidats des deux cantons ont ainsi affiché, au cours de leur réunion, des bilans positifs pour leur quartier et ont dressé les priorités pour les années à venir, s’ils sont élus.

Une véritable source de propositions, ce projet Gironde Positive pour ces deux cantons de Bordeaux ! Voici les lignes fortes qui ont retenu toute mon attention.

Le soutien aux familles est une des grandes prérogatives, sans doute lié à la sensibilité d’Emmanuelle  Cuny et de Géraldine Amouroux, toutes deux en charge de l’Enfance à la Mairie. Des projets intéressants ont été évoqués dont la mise en place d’un espace « enfance et familles » sur Bordeaux 1 ainsi que la création d’un lieu de rencontre parents/enfants type parentèle sur Bordeaux 3.

Les candidats sont aussi prêts à additionner leur énergie pour la Jeunesse : création de « la cafet » à proximité du stade Stéhelin, accompagnement des collégiens de Cheverus dans leur nouvelle installation. Le sport reste aussi un élément important dans le cadre de vie des plus jeunes d’où la volonté de mettre un parcours santé au parc Bordelais et de transformer l’ancien marché Victor Hugo en salles de sports de proximité.

Les seniors ne sont pas non plus oubliés : création d’un atelier d’activités pour les seniors près de l’Athénée et d’un club senior dans le quartier Jasmin.

Projet intergénérationnel mais surtout social pour nos quartiers bordelais : maison de quartier dans le secteur Alphonse Dupeux, maisons des droits et de la citoyenneté rue du cloître, salle polyvalente dans les hangars Carton Tassigny pour accueillir les associations, aides aux associations de soutien à l’handi-parentalité, création d’un centre spécialisé pour jeunes adultes ayant des difficultés psychologiques rue François Daunes.

Bordeaux qui comptait 8 cantons n’en a plus que 5 avec la réforme territoriale. Le choix du binôme est donc primordial, tout particulièrement si les compétences du conseil général sont conservées pour le futur conseil départemental. Les quatre candidats, accompagnés de leurs méritants remplaçants (A. Rigeade et L. Bousquet pour St Augustin/ Caudéran, C. Grelaud et. Fraile Martin pour Bordeaux 1) restent sur le terrain ces prochains jours : hors de question de lâcher la solidarité, la gestion  des collèges, le soutien aux personnes âgées, à la petite enfance aux handicapés… à une autre famille politique que Gironde Positive ! Les membres du Blog Centriste espère le succès dimanche prochain d’une équipe de candidats pleine d’idées et de valeurs, et ce pour tous les habitants de notre belle cité.

Publié le 15 Mars 2015 par Frédy LUCAS
Le Blog Centriste

GIRONDE POSITIVEELECTIONS DÉPARTEMENTALES - DIMANCHE 22 MARS 

Escapade bazadaise le jeudi 5 mars avec des complices du blog centriste.
Dans la salle des fêtes ce ce joli village girondin, plus d’un millier de personnes s’est réuni, symbolisant l’Unité de la Droite et des Centres pour cette campagne des départementales. Flotte, dans la cité du boeuf gras, un gai refrain de Gironde Positive, avec les accents et les couleurs de chaque territoire du département, le tout orchestré par cinq maîtres de cérémonie .

Frédéric Nihous, CNPT nous a d’abord rappelé l’importance de notre Gironde rurale et la nécessité d’élaborer un “”projet de la ruralité”. Soulignant l’importance de certains emplois non délocalisables dans les petites communes, il a fortement insisté sur l’importance de ne pas opposer la Métropole à la campagne. Il s’est aussi indigné sur le comportement du gouvernement actuel lui décernant un carton rouge pour l’amputation du budget départemental pour les 3 années à venir (-85M€).

Le député Lassale, ou le député “qui marche”, a admiré ce moment de rassemblement, qui “scelle le travail depuis quelques années avec A. Juppé”. Rappelant son amitié avec le chef de file et non moins candidat d’Amécourt et une fête a priori mémorable à Sauveterre de Guyenne, notre député pyrénéen dévoile un pressentiment : “le futur président départemental est au sein de Gironde Positive”. Il ne reste qu’ à se mobiliser.

Mobilisation, c’est ce qu’ a aussi clamé, avec un peu moins d’accent tout de même, Jean Christophe Lagarde, récemment élu président de l’UDI. Selon lui la campagne des départementales est difficile car le “chef de l’état fait tout pour la compliquer” : report de date de vote, non clarification des compétences des futurs élus…Bref le brouillard, pour désabuser les électeurs ! il invite à ne pas renoncer, à soutenir les 66 candidats pendant les deux dernières semaines de campagnes. Il rappelle l’importance du rôle social du conseil départemental (collège, RSA, parents et dépendance) et insiste sur son inquiétude : la révolte dans les urnes par un vote extrémiste massif. Il rappelle que la France subit une crise économique et sociale jamais connue : 120 000 entreprises ont fermé en 2 ans, le nombre de chômeurs progresse (1 million en 5 ans sous N. Sarkozy ; 800 000 en moins de deux années avec F. Hollande), explosion des déficits publics. JC Lagarde déclare qu’un coup d’arrêt s’impose et qu’une politique publique utile est le signe à fort à donner à nos concitoyens.

Le candidat Yves d’Amecourt salue ce rassemblement de 4 mouvements politiques et rappelle que c’est grâce à cette union qu’A. Juppé a gagné la Métropole il y a un an. Il présente son programme très simplement : ne pas opposer la Métropole des territoires ruraux, rendre la Gironde “connectée”, améliorer le transport inter-villes, combattre la précarité, réadapter les services sociaux, maintenir l’investissement local auprès des associations et enfin aider pour le retour à l’emploi. Un voeu pour les artisans du département : le small busisness act girondin, avec la création d’un passeport pour les artisans, des facilités de réponse aux appels d’offre du conseil départemental, raccourcissement des délais de paiement par le CD etc…Un constat difficile : la baisse des dotations de l’état vers le département mais un engagement sincère de sa part s’il venait à gagner la présidence départementale : pas de hausse de la fiscalité en 2016 et 2017. Les dépenses seront maîtrisées voire réduites en travaillant au coeur des métiers du conseil départemental, en mutualisant avec la Métropole et en sachant décentraliser vers les territoires pour de meilleures réponses aux usagers. Tonnerre d’applaudissements pour ce battant.

GP1
Alors, Alain Juppé avance “la victoire est à notre portée”, même si le contexte lui semble “ubuesque” (nouveaux découpages des cantons, aucune connaissance des compétences du CD). Il faut selon lui dénoncer “le carton rouge” du gouvernement tout en faisant campagne, car la Gironde “a besoin d’un souffle nouveau” et devenir un département “moderne, connecté et réconcilié”.
Alors mobilisons nous dans l’esprit bazadais pour ces derniers jours de campagne.

Publié le 13 mars 2015 par Frédy LUCAS 
Le Blog Centriste

capitalisme vertECONOMIE CIRCULAIRE
PLAIDOYER POUR UN "CAPITALISME VERT"

Depuis les débuts de la révolution industrielle, le modèle économique dominant est un modèle linéaire : on extrait les matières premières, on produit des biens matériels, on les vend, on les consomme et on les jette. Ce modèle a permis d’améliorer de façon spectaculaire les conditions de vie de milliards d’individus, mais il a aujourd’hui atteint ses limites : le rythme auquel nous prélevons les matières premières dont nous avons besoin a déjà largement dépassé la capacité de la planète à les renouveler. Jusqu’à présent, les politiques de développement durable n’ont pas remis en cause les bases mêmes de notre système productif suicidaire. Cependant, l’augmentation du prix des énergies, la raréfaction de certaines matières premières et les problèmes posés par le stockage des déchets ont amené un nombre croissant de citoyens et d’entreprises à développer de nouveaux modèles économiques plus circulaires.

Qu’est-ce que l’économie circulaire ? Un modèle fondé sur une idée toute simple : les déchets des uns sont une ressource pour les autres. Ce modèle est révolutionnaire en ce sens qu’il ne vise pas simplement à réduire la quantité de déchets, mais à supprimer l’idée même de déchet. En fait, l’économie circulaire s’inspire des écosystèmes naturels : il n’existe pas de « déchets » dans la nature puisque toute substance y est transformée, réabsorbée, réutilisée. La notion d’économie circulaire est née des travaux de William McDonough et Michael Braungart sur le concept « Cradle to Cradle », ou C2C (« du berceau au berceau », par opposition au modèle linéaire « du berceau à la tombe »). Il s’agit d’un ensemble de principes d’éco-construction visant à mettre en place un nouveau modèle industriel, dans lequel tous les matériaux seraient retournés à la nature sous forme de nutriments biologiques non toxiques, ou réintroduits dans l’industrie sous forme de nutriments techniques pouvant être indéfiniment recyclés. Une certification internationale « C2C » a d’ailleurs vu le jour en 2002.

Dans une économie fonctionnant de façon circulaire, rien n’est détruit, rien ne se perd. Le recyclage n’est plus une activité périphérique, il est au cœur même du processus productif. Dans l’agriculture, on connaît depuis longtemps les vertus de l’économie circulaire : de nombreuses fermes récupèrent le biogaz produit par la décomposition du compost et des déjections animales. Dans l’industrie, des passerelles se mettent en place entre différents secteurs qui n’avaient pas l’habitude travailler ensemble auparavant : ainsi, le groupe H&M reprend les vieux vêtements pour les revendre à des sociétés fabriquant des sièges de voiture. Dans l’urbanisme et l’architecture, les principes de l’éco-construction se diffusent peu à peu : en France, par exemple, le label HQE (Haute Qualité Environnementale) encourage l’utilisation de matériaux isolants recyclés et recyclables.

Mais l’économie circulaire est plus qu’une simple généralisation du recyclage, car avant de recycler tel ou tel composant, il convient d’allonger au maximum la durée de vie des produits, par le biais de la réparation. Ainsi, le tout premier smartphone équitable, appelé « Fairphone », a été conçu pour être facilement réparable, et les pièces de rechange peuvent être commandées auprès du fabricant. L’association « Repair Café » propose des ateliers de réparation gratuits pour toutes sortes d’objet, en fournissant des outils, du matériel de remplacement et des conseils. Ce concept, né aux Pays-Bas, commence à essaimer en Europe et en Amérique du Nord. Le but des « Repair Cafés » n’est pas de concurrencer les réparateurs professionnels, mais de sensibiliser les citoyens au fait que de nombreux objets sont jetés alors qu’ils sont encore réparables.

Pour fonctionner, le modèle de l’économie circulaire nécessite un changement profond des mentalités, des modes de vie et des façons de consommer. Or, notre société encourage le remplacement systématique du moindre appareil en panne, usé ou simplement démodé. Une loi votée par le Sénat en février 2015 a créé le délit « d’obsolescence programmée »: c’est un bon début. L’économie circulaire implique aussi le passage d’une « économie de la possession » à une « société de l’usage », comme l’explique le député écologiste François-Michel Lambert, président de l’Institut de l’Economie Circulaire. Il s’agit notamment de privilégier la location et le partage plutôt que la possession : on pense par exemple au co-voiturage, ou aux bornes de vélos et d’automobiles électriques en libre service dans certaines grandes villes. Il s’agit aussi de privilégier l’achat de services plutôt que la consommation de biens. Par exemple, à l’aéroport d’Amsterdam, Philips est chargé d’assurer l’éclairage mais reste propriétaire des lampes et des ampoules : l’entreprise installe donc des ampoules de haute qualité très économes en énergie, qu’elle peut ensuite recycler.

Le modèle de l’économie circulaire intéresse de plus en plus les entreprises car il permet de réduire les coûts de production : ce modèle nous amène donc à repenser les relations entre écologie et capitalisme. Le discours écologiste a longtemps été un discours de rejet du système capitaliste, système perçu comme intrinsèquement productiviste et consumériste. Or, c’est précisément dans l’économie circulaire que réside l’avenir du capitalisme. On retrouve ici l’idée d’un « capitalisme naturel », théorisée à la fin des années 1990 par Amory et Hunter Lovins, Paul Hawken et Lionel Bony. Qu’on se le dise : l’économie circulaire est un modèle rentable, créateur de croissance et d’emplois non délocalisables. Certains économistes comme Jeremy Rifkin y voient même l’un des moteurs d’une « troisième révolution industrielle » qui favorisera la réindustrialisation des pays développés en crise.

Reste à savoir quel doit être le rôle des responsables politiques dans cette transformation : comment inciter les entreprises et les citoyens à mettre en œuvre les principes de l’économie circulaire ? Comment favoriser la coopération entre les différents acteurs économiques d’un même territoire, afin de faire émerger des synergies nouvelles fondées sur la réutilisation et le recyclage ? Comment créer des structures permettant la mise en relation de ces différents acteurs ? Tout comme la transition énergétique, la conversion à l’économie circulaire sera l’un des défis majeurs du XXIe siècle. Malheureusement, les politiques menées aujourd’hui en Europe ne sont pas à la hauteur de l’enjeu. En France, l’Institut de l’Economie Circulaire agit comme une sorte de plate-forme collaborative et comme un laboratoire d’idées, mais ses moyens et sa visibilité restent limités. Quant à l’Union européenne, elle pourrait jouer un rôle majeur dans la conversion à l’économie circulaire ; malheureusement, la Commission européenne a retiré de son programme de travail le paquet « économie circulaire », qui prévoyait notamment d’augmenter les objectifs de recyclage fixés aux Etats-membres. Pourquoi la Commission Juncker a-t-elle fait marche arrière ? Officiellement, pour donner la « priorité à l’emploi ». Un choix politique absurde, qui va priver l’Europe d’un gigantesque vivier d’emplois verts.

Les partis politiques doivent eux aussi prendre part à l’immense effort de réflexion et de pédagogie qu’exige la transition vers un capitalisme plus écologique. Les centristes, qui se disent partisans d’une écologie pragmatique, ancrée dans les territoires et compatible avec l’économie de marché, devraient être à la pointe du débat sur l’économie circulaire et placer ce thème au cœur de leur programme : vont-ils bientôt se réveiller ?

Publié le 4 mars 2015par le Blog ami “

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