B+LLA STRATÉGIE INCOMPRÉHENSIBLE DES CENTRISTES AUX RÉGIONALES.

 

Les régionales offraient aux centristes une belle occasion de se rassembler. L’UDI et le MoDem auraient pu, comme aux européennes de 2014, présenter des listes communes. En effet, le scrutin proportionnel ne rendait pas nécessaire une alliance avec « Les Républicains » (LR) dès le premier tour, et aurait certainement permis aux centristes d’obtenir d’assez bons résultats puisqu’ils sont crédités de 12% des intentions de vote. En outre, Jean-Christophe Lagarde et François Bayrou veulent tous deux construire un pôle centriste indépendant. Et il faut bien avouer que, sur le fond, les différences entre l’UDI et le MoDem sont assez insignifiantes. Le rassemblement des centristes était donc logique, possible et souhaitable. Pourtant, les centristes ont été incapables de s’entendre. Une fois de plus, ce sont les combines d’appareil qui l’ont emporté sur les valeurs.

Au lieu d’ouvrir des négociations avec l’UDI en vue d’établir des listes communes dès le premier tour dans un maximum de régions, le MoDem a opté pour une stratégie incompréhensible au « cas par cas », sans qu’aucune ligne claire ne soit fixée. Ainsi, en Auvergne-Rhône-Alpes, le MoDem était d’accord pour faire alliance avec l’UDI face au candidat de droite Laurent Wauquiez, critiqué pour ses positions eurosceptiques et ultra-sécuritaires souvent proches de celles de l’extrême droite. Mais en Île-de-France, au lieu de soutenir la candidature autonome de l’UDI Chantal Jouanno, le MoDem a préféré faire alliance dès le premier tour avec Valérie Pécresse, tête de liste des « Républicains ».

A la fin du mois de juin, l’UDI a conclu un accord national avec « Les Républicains »: l’accord, négocié entre Nicolas Sarkozy et Jean-Christophe Lagarde, prévoit des listes communes LR-UDI dans chaque région et concède à l’UDI trois têtes de liste, ce qui n’est pas rien. Cet accord donne satisfaction à l’aile droite de l’UDI, favorable à une alliance systématique avec « Les Républicains »: c’est le cas de François Sauvadet (tête de liste en Bourgogne-Franche-Comté), Philippe Vigier (tête de liste en Centre-Val de Loire) et Hervé Morin (tête de liste en Normandie), qui se voient déjà présidents de région. Mais l’accord ne satisfait pas tout le monde à l’UDI: des militants ont même lancé une pétition pour demander l’annulation de l’accord UDI-LR.

L’accord passé avec la droite est un piège qui va peu à peu se refermer sur l’UDI. Nicolas Sarkozy cherche à vassaliser l’UDI pour capter l’électorat centriste en 2017: il a donc intérêt à empêcher l’émergence d’un pôle centriste indépendant et unifié. Par ailleurs, l’alliance avec la droite va obliger l’UDI à soutenir des candidats qui incarnent l’aile dure du parti de Nicolas Sarkozy. Ainsi, début juin, l’UDI avait ouvertement critiqué l’investiture de Laurent Wauquiez dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Mais le parti de Jean-Christophe Lagarde a finalement fait volte-face: c’est bien Laurent Wauquiez, subitement devenu fréquentable, qui conduira la liste LR-UDI en Auvergne-Rhône-Alpes. L’indépendance promise par Lagarde a donc un goût amer de résignation…

Bilan des courses: l’UDI est alliée à LR dans toutes les régions. Quant au MoDem, il sera l’allié des « Républicains » et de l’UDI dans la plupart des régions mais pourrait présenter des listes autonomes dans certains cas particuliers, comme en Auverge-Rhône-Alpes, où le chef de file du MoDem, Patrick Mignola, refuse toute alliance avec Laurent Wauquiez. Il n’y aura donc AUCUNE liste centriste UDI-MoDem aux élections régionales. Tant pis pour ceux qui ont cru aux belles déclarations d’indépendance de Jean-Christophe Lagarde ou de François Bayrou.

Les centristes veulent-ils vraiment être indépendants? On est en droit de se poser la question. François Bayrou a sacrifié sur l’autel de la realpolitik une indépendance qu’il avait conquise au prix de sacrifices douloureux. En ce qui concerne l’UDI, on sait désormais qu’elle est un simple satellite du parti de Nicolas Sarkozy. Il faudrait d’ailleurs supprimer le « i » dans « UDI », car ce parti est dans une situation de dépendance totale et assumée à l’égard de la droite. Les Sauvadet, Morin et Vigier, patisans d’une alliance inconditionnelle et systématique avec « Les Républicains », ont obtenu ce qu’ils voulaient: des sièges. Mais s’ils aiment tant Nicolas Sarkozy et son parti, ils feraient bien de prendre leur carte chez « Les Républicains ». L’indépendance ne sert à rien si elle n’est qu’un slogan.

Publié le 30 juin 2015par le Blog ami “

Aller à la barre d’outils