Ludovic Bousquet UDI 33

Ludovic Bousquet UDI Gironde

LES 35 HEURES

Ainsi donc l’examen de la loi El Khomri a été reporté, sous la pression des « forces de gauche », de la menace de manifestations lycéennes et estudiantines, d’une mobilisation syndicale, d’une pétition de 700.000 signataires….

Cette loi constituerait un grave recul en matière de droits sociaux. Les 35 h seraient remis en cause.

Attardons-nous sur les 35 h. Plusieurs leaders de la droite et du centre proposent, ou ont proposé, d’abroger les 35 h. Emmanuel Macron, comme maintenant le gouvernement à travers cette loi El Khomri, sont accusés de vouloir faire de même.

Il n’en est rien.

Avant la loi sur les 35 h, la durée légale du temps de travail hebdomadaire était de 39 h. Au-delà de 39, les heures supplémentaires étaient payées avec une majoration de 25% et après un certain seuil de 50%. Réduire la durée légale du temps de travail hebdomadaire à 35h n’a pas seulement consisté à indiquer qu’à compter de la 36iéme heure il y aurait majoration sur la base du même taux horaire. Il a été décidé en réalité, et unilatéralement par Mme Aubry et M Jospin, de payer 35h de travail comme 39.

L’objectif de cette considérable réforme était triple :

  • IDÉOLOGIQUE : on est de gauche donc il faut mettre en œuvre une grande avancée sociale
  • SOCIAL : travailler moins, plus de temps pour la famille, la culture, le sport
  • ECONOMIQUE : les heures libérées permettront la création d’emploi.

Ce dernier objectif n’a été nullement atteint. Prenons un exemple simple. Une secrétaire médicale, accueillant les patients et effectuant des tâches administratives, travaillait, sous le règne des 39h, du lundi au jeudi de 9h-13h 14h-18h, le vendredi de 9h-13h et de 14-17h. Avec la réduction du temps de travail à 35h les horaires de cette employée sont passés à 9h-12h30 14h-17h30 tous les jours de la semaine. Est-il nécessaire de préciser qu’aucun emploi n’a été créé pour combler les quatre heures manquantes ? Il a été demandé à la secrétaire d’effectuer le même travail en moins de temps ; quant aux patients ils ont vu les horaires d’ouverture du secrétariat se réduire.

Il peut être rétorqué qu’à plus grande échelle, dans les plus grandes entreprises, les heures libérées sont plus importantes et peuvent donc contribuer à la création d’emplois. Mais c’est méconnaître les capacités d’adaptation du secteur privé, lequel a dans l’ensemble intégré les 35h dans son organisation, même si cela a alourdi le coût du travail.

En revanche, les 35h ont créé des perturbations non négligeables dans les services publics, où des millions d’heures, qui ne peuvent être financées, ont été perdues, ce dont pâtit le public. C’est criant dans les hôpitaux, la justice, la police.

Une véritable abrogation des 35h consiste donc à revenir à la situation d’avant les 35h, c’est-à-dire à travailler 39h sans augmentation de salaire.

Je reconnais le caractère provocateur de cette proposition. C’est pourquoi un moyen terme, à savoir 37h, serait non seulement salutaire, mais aussi possible. Cela serait accompagné d’une sixième semaine de congés payés, pour ceux qui n’en bénéficient déjà pas.

Utopie ? Récemment, en novembre 2015, le Conseil Départemental des Alpes-Maritimes, a décidé d’augmenter la durée de travail de ses agents sans hausse de salaire : 25 millions d’euros d’économie soit l’équivalent de 120 emplois temps plein !!

PS Alain Juppé a fait savoir le mois dernier qu’il avait choisi comme dauphine à la mairie de Bordeaux Virginie Calmels, présentée également pour être candidate sur la 2ième circonscription de la Gironde (Bordeaux centre). Il y a tout lieu de se réjouir de ce choix ; d’une part parce qu’il est agréable de voir une personnalité se préoccuper de sa succession ; d’autre part parce que Virginie Calmels a la stature pour diriger une ville comme Bordeaux.

Ludovic Bousquet
Article publié le  3 mars 2016

 

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