ludovic nl10APRES LE BREXIT

La majorité des Britanniques, en réalité des seuls Anglais et Gallois, a donc exprimé son souhait de voir le Royaume Uni quitter l’Union Européenne, dont il ne faisait au demeurant partie que d’un pied, n’étant membre ni de la zone euro,  ni de l’espace Schengen, et bénéficiant de nombreuses exemptions.
 
Si grandes turbulences il doit y avoir, c’est plus chez nos amis d’outre manche, qui se retrouvent avec la gueule de bois, un pays divisé et menacé d’éclatement, une classe politique discréditée.
 
Mais les 27 autres pays de l’Union doivent se ressaisir.
 
Ce qui implique :

Donner une âme à l’Europe.
Je suis frappé de n’entendre dans la bouche de nos dirigeants, depuis le séisme du Brexit, à l’exception rare de quelques uns, que des propositions de solutions techniques, économiques ou institutionnelles.
Ce n’est pas ce qu’attendent nos concitoyens!
Il est remarquable de constater  que les votes populistes ou extrémistes sont importants dans des pays réputés riches (tels l’Autriche, les Pays Bas ou à l’extérieur de l’UE, la Suisse) ce qui relativise fortement le discours économiste.
En Angleterre le vote Brexit a été souvent un vote teinté de xénophobie, de peur de l’autre. Beaucoup de personnes âgées ont aussi voté pour le Brexit, comme s’ils exprimaient une nostalgie.
Seul un projet civilisationnel peut rassurer ces millions d’Européens.
L’Europe n’est pas née ex nihilo dans les années 50. Le respect des procédures et de l’état de droit, la promotion de l’économie de marché, ne peuvent suffire. Sinon rien de distingue l’Europe du Canada, de la Nouvelle Zélande, de l’Afrique du Sud, sauf la géographie.
L’Europe c’est une civilisation, avec son héritage antique (grec puis romain), son héritage chrétien, son héritage de la philosophie des Lumières, avec aussi ses fautes (l’esclavage, le colonialisme, les guerres). Assumer tout cela c’est avoir confiance en soi et permet d’autant de s’ouvrir aux autres.
Il faut que les dirigeants européens fassent rayonner ce projet civilisationnel pour donner une âme à l’Europe. Ce n’est hélas pas le cas.
Cette défense de la civilisation européenne est actuellement réservée aux formations populistes ou d’extrême droite, qui prend alors un aspect identitaire et de repli sur soi, avec toutes les dérives que cela comporte.
Mais il est encore temps, mais plus pour longtemps…

Procéder à quelques retouches institutionnelles
Tous en chœur, les principaux candidats à la primaire des Républicains réclament un nouveau traité européen. Je n’en crois pas un mot, au moins à bref délai. Le contenu de ce traité putatif reste en outre des plus vagues.
Je soumets néanmoins quelques pistes de réflexion afin de remédier au pire que contiennent les institutions européennes et dont sont las nos concitoyens :

Le Parlement européen.
Il est composé d’une seule Chambre, au nombre pléthorique de 751 députés (!!), c'est-à-dire plus que l’Assemblée Populaire de Chine. Il est temps de réduire son nombre à 350 ou 400 membres et de le doubler d’une Chambre des Etats, qui serait composée de 200 à 250 parlementaires nationaux.

La fusion du Président de la commission et du Président du Conseil de l’Europe
A quoi sert Monsieur Donald TUSK sinon à contre-réagir ou sur-réagir aux propos de Monsieur Jean-Claude JUNCKER. Mettons fin à cette anomalie.

Le Respect du principe de subsidiarité
Sans cesse proclamé, ce principe n’est pas appliqué.
D’où l’intérêt d’une Chambre des Etats qui pourrait s’opposer aux directives et règlements qui ne respecteraient pas ce principe.
 
Ludovic BOUSQUET
Vice-Président de l'UDI Gironde
Responsable de l'UDI Bordeaux
contact@ludovic-bousquet.fr

2 réponses

  1. C’est peut-être l’occasion de ” tout remettre à plat” …!!?
    Certains enfantements, même après un premier-né, se font parfois dans la douleur…
    La nécessité de repenser l’EUROPE, telle qu’elle aurait dû être construite, oblige les pays fondateurs à revoir les options de gouvernance européenne dans leur entièreté.
    La création, non pas de Commissions aux pouvoirs nébuleux et incompréhensibles pour la quasi-totalité de nos citoyens (européens), mais de “ministères ” aux pouvoirs recentrés vers la concertation, l’information anticipant le vote de décision, la coordination des intérêts des pays membres… etc , (ce dans les domaines nécessitant la cohésion d’un groupe de pays signataires), la création de ministères semble devenir une évidence, même pour les conservateurs de l’indépendance étatique de gestion.
    L’Europe ne doit pas être rejetée au seul « regard » d’une disposition, d’une orientation qu’elle prendrait « collectivement » pour son « bien être ».
    A l’inverse du système démocratique en usage au sein de nos différents gouvernements, la majorité simple ne peut être retenue en face d’une application de loi européenne ou d’une quelconque décision…
    La diversité de nos cultures constitue une des forces de l’Europe, mais en fait aussi sa faiblesse … Si les instances dirigeantes de cette même Europe ne savent pas en tenir compte, la standardisation ou le polissage de nos coutumes, de nos usages, jusqu’à nos « process » de fabrication, la diversité des peuples qui la compose constituera à elle seule le principal adversaire à toute tentative d’unification.
    Les pays signataires devraient pouvoir se rassembler d’abord grâce à leurs points communs, par petits groupes. Chaque groupe contient également un tronc commun « fabriquant » une unité d’intérêts. On s’aperçoit que cela a déjà été fait, naguère. Le Benelux, le Comecon… l’Europe des Six.
    A partir de l’Europe des Quinze, l’outil « Europe » est devenu difficile à gérer, puis très vite impossible à contrôler. Ceci par manque d’une structure, d’une colonne vertébrale suffisamment puissante et armée dans la transparence et la compréhension des peuples qui la constituent. La consultation des populations n’a jamais été prise en compte –par exemple- afin de déterminer l’adoption d’un pays au sein de l’Europe…
    Il est temps de prendre la seule disposition en toute franchise acceptable: demander l’avis du peuple avant de décider: la mandature ne donne pas tous les droits aux élus….
    Le coup de tonnerre que constitue le rejet du Royaume Uni est une bénédiction pour la prise de conscience d’une absolue remise cause de nos dirigeants politiques de leur façon de gouverner, et la France et l’Europe.

    J-P Dienst / 24 juin 2016/ Bordeaux

  2. Bonjour,
    J’entends et je lis pas mal de choses plus ou moins justes concernant le rejet de l’Europe parmi nos concitoyens Européens.
    Cependant parmi tous les politiques qui s’expriment, aucun n’assume leurs responsabilités. En effet, pour justifier parfois des décisions ou difficultés, beaucoup mettent en cause les décisions Européennes. En dehors du militantisme d’appartenance à l’Europe, ILS, sans distinction, se défaussent régulièrement sur l’Europe! Ne serait ce qu’en prétendant qu’ils vont négocier avec l’Europe! Tout ça pour ne pas assumer leur incompétence ou inaction.
    Bien des choses qui sont dites sont justes.
    Mais il faut constater que beaucoup des gens qui nous représentent dans les instances Européennes sont ceux que que l’on ne souhaite pas dans les représentations nationales ou dans les élections locales.
    Aussi pour asseoir la représentation au parlement Européen, il me semble qu’il serait bon que les gens qui siègent soient choisis, élus parmi ceux qui siègent dans les représentations nationales. Ce serait le seul cas de cumul des mandats autorisés.
    On aurait alors les mêmes personnes qui font les règles de l’Europe et celles de leur pays respectif.
    Députés et sénateurs pour la France.
    On y gagnerait en cohérence et crédibilité!
    On éviterait aussi de voir des gens qui siègent au parlement Européen qui sont contre l’Europe mais accepte d’être payé par elle…
    Quant à limiter le nombre de parlementaires: bien sûr qu’il faut que ce soit limité.
    Mais encore une fois, commençons chez nous!
    Cordialement
    Thierry Chièze

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