CARTOGRAPHIE POLITIQUE DE LA DIASPORA CENTRISTE

Le récent rapprochement du Modem et de l’UDI ne doit pas faire oublier l’extrême dispersion de la famille centriste. La fondation du « Front Démocrate » par l’ex-Modem Jean-Luc Bennahmias en septembre 2014 nous rappelle à quel point l’unité du centre est difficile à réaliser. Quels sont les partis qui occupent l’espace politique du centre dans la France de 2014 ? Voici un rapide aperçu de la « diaspora centriste » à l’attention de celles et ceux qui ont un peu de mal à s’y retrouver.

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L’UDI, PRINCIPALE FORMATION CENTRISTE EN FRANCE
udiAvec 30 députés 43 sénateurs et près de 50.000 adhérents, l’UDI (Union des Démocrates et Indépendants) constitue indiscutablement la première formation centriste du pays. Elle jouit également d’une bonne implantation dans les collectivités locales (près de 300 maires UDI ont été élus ou réélus en 2014, dont ceux de Neuilly, Bobigny, Amiens, Valenciennes et Montélimar). Comme l’ancienne UDF, l’UDI n’est pas un parti unitaire mais une confédération de partis : elle a été fondée en 2012 par Jean-Louis Borloo dans le but de rassembler les partis de centre-droit qui souhaitaient rester indépendants de l’UMP. Les deux principales composantes de l’UDI sont le Nouveau Centre (présidé par Hervé Morin) et le Parti Radical dit « valoisien » (présidé par Laurent Hénart depuis le retrait de Jean-Louis Borloo pour raisons de santé). D’autres petits partis sont membres de l’UDI : l’Alliance Centriste (fondée par le sénateur Jean Arthuis), FED (Force Européenne Démocrate, petit parti fédéraliste fondé par Jean-Christophe Lagarde et Michel Mercier), Gauche Moderne (parti présidé par l’ancien socialiste Jean-Marie Bockel), Territoires en Mouvement (parti fondé par le député Jean-Christophe Fromantin), le Parti Libéral Démocrate (fondé par Aurélien Véron) ainsi que plusieurs petites formations écologistes comme France Ecologie et Nouvelle Ecologie Démocrate. Le mouvement Alternative Libérale, qui était initialement un parti politique indépendant, a choisi de s’associer au Nouveau Centre. L’association GayLib, qui lutte contre l’homophobie et milite pour l’extension des droits des homosexuels, a quitté l’UMP pour rejoindre l’UDI.

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LE MODEM DE FRANÇOIS BAYROU
Même s’il ne dispose que de deux députés à l’Assemblée Nationale, le Modem (Mouvement Démocrate) reste l’une des principales formations centristes en France grâce à la popularité de son président-fondateur François Bayrou et à son réseau d’élus locaux et européens. Le parti, qui revendique aujourd’hui 35.000 adhérents, se singularise par sa volonté de rénover en profondeur la vie politique française : en créant le Modem sur les ruines de l’UDF en 2007, Français Bayrou voulait en effet bâtir un grand parti « central » qui jouerait le rôle de passerelle entre la gauche et la droite, et qui pourrait devenir le pivot de nouvelles majorités réunissant des réformateurs venus de la gauche, de la droite et du centre. Mais le Modem est en crise perpétuelle depuis sa fondation, car le refus de toute alliance avec le PS et l’UMP a condamné le parti à l’isolement. De plus, le Modem reste dominé de façon écrasante par la figure de François Bayrou et n’a pas réussi à séduire d’autres leaders centristes, de même qu’il s’est montré incapable d’empêcher le départ des quelques personnalités qu’il avait attirées à ses débuts, notamment d’anciens ministres comme Corinne Lepage ou Azouz Begag. Par ailleurs, l’alliance conclue avec l’UDI et l’UMP pour les municipales a suscité de profonds mécontentements dans l’aile gauche du Modem : l’écologiste Jean-Luc Bennahmias, qui incarnait cette aile gauche, vient justement de claquer la porte.
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LES CENTRISTES DE L'UMP
lamassoureA sa création en 2002, l’UMP avait pour ambition de rassembler tous les courants de la droite et du centre au sein d’un même parti. Que reste-t-il aujourd’hui du courant centriste de l’UMP ? A vrai dire, pas grand-chose. Critiquant la « droitisation » du parti, de nombreux élus centristes de l’UMP ont quitté le navire pour rejoindre l’UDI. Jean Leonetti, Alain Lamassoure et Marc-Philippe Daubresse font partie des derniers parlementaires centristes de l’UMP : ils appartiennent au courant « France moderne et humaniste », le plus europhile de l’UMP. Il existe cependant au sein de l’UMP d’autres mouvements proches du centre. Le mouvement « Ecologie Bleue », fondé par Patrice Hernu, prétend incarner le « pôle écologique de l’UMP » et milite pour une écologie « réaliste et humaniste ». Le mouvement « Les Progressistes », lancé en 2007 par l’ancien socialiste Éric Besson pour soutenir la campagne de Nicolas Sarkozy, milite pour une UMP « ouverte vers le centre et les sociaux-démocrates ». Le PCD (Parti Chrétien-Démocrate) de Christine Boutin, associé à l’UMP, représente quant à lui le courant des chrétiens-sociaux : ce parti se réclame de la démocratie chrétienne mais rejette le fédéralisme européen et défend une vision très conservatrice de la famille et de la société.
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LES PETITS PARTIS INDEPENDANTS
En dehors du Modem, de l’UDI et de l’UMP, il existe une nébuleuse de petits partis indépendants qui ne se définissent pas eux-mêmes comme centristes mais qui prétendent dépasser le clivage droite-gauche en réunissant des militants de sensibilités différentes autour de thématiques transpartisanes. C’est le cas de plusieurs partis écologistes indépendants comme Cap 21 (fondé par l’ancienne ministre de l’Environnement Corinne Lepage), Génération Ecologie, le Mouvement Ecologiste Indépendant (MEI) d’Antoine Waechter, le mouvement « La France En Action » ou encore le Front Démocrate (parti écologiste de centre-gauche fondé en septembre 2014 par l’ex-Modem Jean-Luc Bennahmias). Le Parti Fédéraliste, qui milite pour une Europe fédérale, n’est pas à proprement parler un parti centriste mais soutient généralement les candidats du centre aux élections locales et nationales
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LES RADICAUX DE GAUCHE (des centristes?)
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Le Parti Radical de Gauche est-il un parti centriste ? A priori non, car un mouvement qui revendique son ancrage à gauche ne saurait être qualifié de centriste. Pourtant, sur l’aile droite du PRG, on trouve des hommes dont les positions économiques et sociales sont relativement proches de celles de leurs « cousins » centristes du Parti Radical valoisien. On peut penser par exemple au président du PRG Jean-Michel Baylet. Quoi qu’il en soit, le PRG refuse d’être assimilé au centre : il affirme explicitement son appartenance à la gauche républicaine et reste depuis 40 ans le plus fidèle allié du Parti Socialiste.

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DES CENTRISTES AU PS !
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Les quelques socialistes qui ont, jadis, plaidé pour une alliance avec le centre et pour une réorientation « sociale-libérale » du PS ont presque tous fait sécession : c’est le cas de Jean-Marie Bockel, qui a fondé en 2007 le mouvement Gauche Moderne, aujourd’hui membre de l’UDI. Il n’en reste pas moins vrai que, sur le plan idéologique, l’aile droite du PS est assez proche du centre. Cette aile droite est incarnée aujourd’hui par des sociaux-démocrates et des sociaux-libéraux comme Emmanuel Macron, Manuel Valls, Gérard Collomb (sénateur et maire de Lyon) ou encore Pascal Lamy, qui prônent une politique de l’offre (simplification du droit du travail, baisse des impôts et des charges patronales, etc.). Mais ces « socialistes de l’offre » ne se considèrent pas comme centristes et revendiquent leur appartenance à la gauche et à la famille socialiste.

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LES CENTRISTES AU PARLEMENT EUROPEEN-LE PDE
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Le PDE (Parti Démocrate Européen), présidé par François Bayrou et par le centriste italien Francesco Rutelli, réunit 10 partis centristes européens, dont l’UDI et le Modem. Le PDE défend le fédéralisme européen et milite pour une démocratisation des institutions de l’UE. Il met également l’accent sur l’éducation, la défense des services publics et la protection sociale, et plaide pour l’émergence d’un "modèle social européen". Au Parlement européen, les députés du PDE font partie du groupe ADLE (Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l’Europe), qui constitue actuellement le 4e groupe le plus important de cette assemblée.

Publié le  par le Blog ami ""

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SENATORIALES 2014
L'UNION NE FAIT PAS TOUJOURS LA FORCE

Le résultat des élections sénatoriales doit être étudié avec circonspection tant au niveau national qu’au niveau local. Le raz de marée espéré n’a, en effet, pas eu lieu et la gauche peut donner l’impression de résister dans certains départements, c’est le cas du nôtre, la Gironde. Il faut rappeler comment s’est opéré dans le passé le glissement du Sénat de l’union du centre et de la droite, vers la gauche. Le mandat sénatorial est de 6 ans et la « Haute Assemblée » est renouvelée par moitié tous les 3 ans. En 2008 l’ancienne majorité constituée de la droite et du centre a conservé le Sénat même si elle a perdu plusieurs sièges (8 pour l’UMP et 1 pour le Centre). L’élection qui vient d’avoir lieu est donc le renouvellement de la moitié du Sénat qui avait connu en 2008 une érosion de l’UMP et une quasi stabilité du Centre.  Au regard  de l’élection de référence, les résultats sont très satisfaisants puisque l’UMP avec un gain de 16 sièges récupère les 8 sièges perdus en 2008 et en gagne 8 autres, les centristes récupèrent le siège perdu en 2008 et en gagnent 8 autres.

C’est en 2017 que nous devrions observer les effets les plus significatifs des gains de la Droite et du Centre au Sénat puisque la moitié de l’Assemblée renouvelable, avait été élue en 2011, élection ou l’UMP avait perdu 15 sièges et le Centre 2 sièges et c’est lors de cette élection de 2011 que le Sénat à basculé à gauche. D’ici 2017 se dérouleront d’autres élections qui seront sans doute autant de défaites pour les socialistes et qui devaient logiquement amplifier les résultats des municipales et permettre à la nouvelle majorité sénatoriale de consolider ses positions avec un gain de 20 à 30 sièges.

Je veux aussi noter la surprenante victoire de 2 sénateurs du Front National David RACHLINE dans le Var et Stéphane RAVIER dans les Bouches du Rhône qui obtiennent plus du double de voix des grands électeurs acquis à leur candidature. Il est trop tôt pour en tirer des enseignements, posons nous simplement les bonnes questions

Assistons-nous à une porosité entre l’électorat de droite et le Front National ?
Est ce un signal que les élus de terrain veulent envoyer au pouvoir et aux partis de gouvernement ?

Regardons maintenant le Département de la Gironde. La Liste d’union UMP-UDI-MODEM échoue à 5 voix près et ne récupère pas le 4ème siège convoité qui devait échoir à notre amie Nathalie Delattre.

On pourra regretter la dispersion des voix sur des candidatures de témoignage ou de diversion, 112 voix pour le FN alors qu’il pouvait en espérer 24 tout au plus, 28 voix pour une liste divers droite et 32 voix pour la liste "Debout la République" soit 148 voix qui auraient pu permettre d’arracher ce quatrième siège.

Eriger en principe, l’union de la droite et du centre, à toutes les élections, et quelques soient les situations de terrain et les particularismes électoraux relève d’une rigidité dogmatique qui démontre ses limites et ses faiblesses dans le résultat de ces sénatoriales.

Alors bien sûr l’UMP retrouve ses 3 sièges, grand bien lui fasse, mais je pense que si l’UMP tenait absolument à cette liste d’union, condition indispensable pour ravir un 4ème siège, alors la troisième place aurait du revenir de fait à l’UDI, l’UMP assurant pour lui même ce quatrième siège « garanti ».

Je suis certain que dans les jours qui viennent les calculettes vont « chauffer » pour simuler ce qu’aurai pu donner une liste autonome du Centre en Gironde.

Peut être diront certains, sans doute diront d’autres, s’il y avait eu une liste autonome de l’UDI et du MoDem, nous aurions un élu du Centre au Sénat.

Après les nombreux succès de l’UDI et du MoDem aux municipales, est-il normal que le Centre girondin ne soit pas représenté au Sénat ?

Est-il normal que lors de la constitution de la liste d’union il n’y ait eu aucun candidat représentant la CUB (bientôt dénommée BORDEAUX-METROPOLE) assuré d’être élu, laissant au seul PS, le soin de représenter la ville et métropole aux Assemblées ?

J’ajoute en conclusion que ce billet d’humeur n’engage que son auteur, cela va sans dire, mais cela va toujours mieux en le disant.

Ludovic BOUSQUET
contact@ludovic-bousquet.fr

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