L’ELECTION PRESIDENTIELLE EN QUESTION

De tous les pays occidentaux au sens large (Amérique du Nord, Europe de l’ouest, Australie, Nouvelle-Zélande mais aussi Japon) seuls trois ne fonctionnent pas selon un régime parlementaire proprement dit, c’est-à-dire un régime dans lequel le véritable chef de l’exécutif est le chef du gouvernement et non le chef de l’Etat.

Il s’agit de la Suisse (régime directorial avec très forte démocratie directe), les Etats-Unis et la France. Le déroulement des élections américaines de novembre et l’actuelle campagne présidentielle française amènent à s’interroger très sérieusement sur le bienfait pour la démocratie qu’apportent de telles élections présidentielles.

La médiocrité de ces deux campagnes est unanimement reconnue. C’est le cas français qui bien sûr m’intéresse.

Le Président de la République n’est pas un homme politique ordinaire. Outre son rôle politique, c’est aussi le représentant de la Nation et de sa permanence, le garant de son unité.

Le général de Gaulle et ses successeurs jusqu’à François Mitterrand ont peu ou prou incarné convenablement ce rôle.

La durée du mandat présidentiel était alors de sept ans. Cette durée plaçait le Président au-dessus de la mêlée politique pendant la majeure partie de son mandat.

Il y avait nécessairement des élections législatives intermédiaires qui voyaient s’affronter des programmes, des partis, sans personnalisation outrancière.

Pour des raisons politiciennes, mais aussi parce que c’était dans l’air du temps, Jacques Chirac demanda au peuple français en 2000 d’approuver la réduction du mandat présidentiel à cinq ans, ce qui fut fait. Je n’ai pas voté cette réforme. Je ne le regrette pas.

Depuis, le rythme politique s’est accéléré, à en devenir tourbillonnant.

L’élection présidentielle passée, ainsi que les législatives qui suivent, l’élection présidentielle suivante est devenue le point de focalisation absolu du Président élu et des principaux leaders.

Le phénomène a été aggravé par la mise en pratique des primaires. Certains candidats se sont ainsi déclarés dès 2014….soit trois ans avant l’élection !!!

Il n’existe plus aucun temps de respiration. La fonction de représentation du chef de l’Etat, qui n’est plus qu’un chef d’écurie, s’en trouve écornée. La France, qui n’a pas la puissance des Etats-Unis, ne peut se permettre cette dérive. La quasi-totalité des régimes présidentiels dans le monde jouit d’une mauvaise image avec une tendance à la présidentialisation (Amérique du sud, Afrique, Poutine, Erdogan).

Il serait peut-être temps de tourner nos regards vers nos proches voisins.

Le représentant de la nation, le rang protocolaire n°1 sont, soit dévolus à un monarque dont le système de désignation échappe à toute contingence politique (Royaume Uni, Espagne, Europe du nord, Japon…), soit à un sage élu au suffrage direct ou indirect (Allemagne, Italie, Irlande, Autriche…). Le chef du gouvernement, détenteur du pouvoir exécutif réel, est désigné par le parlement. Si certes il dirige il n’est pas le n°1. Connaissant l’égo des hommes et femmes politiques, ce détail n’en est pas un.

Telles sont les réflexions que m’inspire la pitoyable campagne présidentielle actuelle.

Ludovic BOUSQUET
Vice-Président de l'UDI Gironde
Responsable de l'UDI Bordeaux
bousquet-ludovic@orange.fr

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